Cuba, un voyage dans le futur

Cuba, le premier pays vraiment chaud depuis le début du voyage. Ne vous méprenez pas, on parle bien du climat et non de la sécurité. Qui dit chaleur, dit aussi fruits tropicaux, mangues, bananes, ananas auront fait partie des joies quotidiennes. La chaleur est aussi dans le sang et le coeur des Cubains, toujours prêts à faire la fête, partager leur nourriture et aider les cyclistes perdus! Bienvenidos à Cuba! 

 

On entend souvent qu'aller à Cuba c'est voyager dans le passé: vieilles voitures, déplacements à pied, en transports publics et à vélo, difficulté d'accès à une grande diversité de produits frais, peu d'internet, pas de publicité dans les rues, etc. Mais tout cela ne serait-il pas en fait l'avenir de l'être humain? 

Un monde où les voitures se réparent, se récupèrent, se recyclent comme tout le reste. Un monde où la mobilité douce est reine, car c'est LE SEUL MOYEN pour respecter la planète Terre. Un monde où l’on mange des produits de saison cultivés localement, sans pesticides, c'est simple avec la permaculture, l'agriculture urbaine et bien d'autres méthodes non invasives et respectueuses de l'environnement. Un monde où les gens attendent et prennent le bus en discutant et non collé à leur téléphone. Un monde où nos cerveaux ne sont pas constamment pollués par les publicités incitant inlassablement à la consommation de tout et n'importe quoi pour autant qu'on donne nos sous au profit des grandes multinationales qui dirigent le monde. Vous l'aurez compris, Cuba nous a poussé un peu plus loin dans notre réflexion sur le respect de la Terre et sur les changements que nous devons tous entreprendre si nous voulons qu'elle continue à nous héberger "dans cette oasis miraculeuse au milieu d'un désert sidéral" Pierre Rabhi. Bon, vous l'aurez compris, on est devenu aussi révolutionnaire que les Cubains à force de lire leurs slogans! 

Notre périple en six phrases

  • Arrivés à la Havane, nous remontons le vélo et partons en direction de l'est. 

  • Norick (le frère d'Alexi) nous retrouve à Playa Larga. Nous passons 2 semaines avec lui, au programme visite de Trinidad et plage! Que c'est chouette de voir la famille!

  • Anysia passe le cap des 30 ans à Guardalavaca (classe quand même, tout le monde ne fête pas sa trentaine dans un endroit appelé "garde la vache"). Plage, falafels et acroyoga: le bonheur! 

  • Notre route continue dans la partie orientale de l'île, plus sauvage, montagneuse et peu touristique, on adore!

  • On termine le périple en découvrant la partie occidentale de Cuba, pluie et slalom entre les montagnes appelées "Mogotes" dans la région de Pinar del rio.

Cuba en quelques rencontres

Maria-Elena, 55 ans rencontrée entre Cárdenas et Jovellanos, rentre chez elle après avoir visité son mari qui habite à une dizaine de kilomètres.

 

Des sacs accrochés à son guidon laissent entrevoir une machette: "Cuba est très tranquille, il ne s'y passe jamais rien. Mais on ne sait jamais, une femme ne sort jamais sans sa machette". On a eu beau observer, on n’en a pas vu d'autres femmes à machette. Par contre, cette attitude très prudente est assez répandue, à titre d'exemple : "Il n'y a pas de problèmes de sécurité à Cuba, mais c'est mieux de rentrer le vélo pour la nuit" ou "Il n'y a pas de problèmes ici, mais on ne sait jamais, il y a toujours un fou en liberté".

Jonny, 20 ans rencontré entre Moron et Bolivia, trajet d'une vingtaine de kilomètres pour aller voir son père. Nous n'avons malheureusement pas de photo de lui. 

 

Nous pédalons avec un fort vent de face sur une route absolument droite. Soudain, un jeune nous dépasse allègrement sur son vélo de sport. Ni une, ni deux, nous redoublons nos efforts afin de nous placer juste derrière lui et ainsi profiter de son énergie pour nous couper un peu du vent. Après 7km à ce rythme, nous ne tenons plus et décidons de diminuer la cadence, pensant que le jeune n'avait toujours pas remarqué notre présence (pourtant pas tellement discrète)! Après qu'il nous ait distancés de quelques mètres, il se retourne et nous crie " Cansados??? Vamos!! Vamos!!" Il n'en fallait pas plus pour nous titiller et c'est reparti, mais, cette fois, à ses côtés et en papotant!

Il travaille dans la construction de gros complexe hôtelier sur le Cayo Coco, une petite île paradisiaque uniquement exploitée par des énormes hôtels de luxe all-inclusive à 300Chf la nuit. Il vit à 60 kilomètres du Cayo, qu'il parcourt en "oua-oua". Il s'agit d'un camion transformé en bus qui passe sur un "pedraplen", une route artificielle permettant de rejoindre l'île sans bateau. "Vous devriez aller sur le Cayo Coco, la plus belle plage de Cuba est là-bas!" nous dit-il. On a eu du mal à comprendre, puisque ces touristes dépensent en une journée bien plus que son salaire annuel. Ces hôtels sans éthique proposent des buffets d'une variété de produits auxquels aucun Cubain n'a accès (et nous non plus!) Leur conscience de l'écologie est probablement égale à celle de Trump! Bref, c'est pas pour nous. D'un autre côté, sans cela il n'aurait pas eu cette opportunité de travail et c'est peut-être ce qu'il y voit de positif. On lui explique qu'on cherche d'autres choses dans le voyage. "Pour nous, c'est encore plus beau de te rencontrer et de partager un petit bout de route et d'histoire avec toi plutôt que de voir la plage du Cayo Coco." Il esquisse un sourire timide. 

Yalenis, 40 ans, rencontrée entre Viñales et Pinar del Río. La saison des pluies bat son plein ce qui nous permet de faire la connaissance de  plein de Cubains nous abritant sous leur porche.

 

Parmi ceux-ci, Yanelis un petit bout de femme au grand coeur. Après quelques minutes de discussion, elle nous offre 5 mangues et 2 régiments de bananes vertes. Pour la remercier, nous lui donnons des pois chiches, une denrée difficile à trouver à Cuba. "Mais ce n'est pas nécessaire" nous dit-elle. Pourtant lorsque nous repasserons la voir, quelques jours plus tard, elle nous raconte qu'elle attend le retour de sa fille pour les cuisiner! Cette dernière est enseignante préscolaire dans une ville voisine et ne vit plus avec sa maman. Quant au fils de Yanelis, il a 16 ans et vient poliment nous saluer. Le respect est une valeur forte et importante à Cuba. Le jeune souffre d'une infection sur le bras. "C'est sûrement un parasite nous a dit le médecin. Heureusement, tous les soins sont gratuits à Cuba, je n'aurais pas pu payer sinon." Yalenis s'occupe aussi de son papa qui vit chez elle, comme cela est de coutume à Cuba. Soudain, ses beaux yeux bleus se remplissent de larmes, elle affiche une moue tristounette "Ma maman est décédée en avril d'un cancer des poumons." On la console comme on peut sans savoir vraiment quels sont les mots réconfortants en espagnol! Après avoir échangé nos numéros de téléphone, on repart en lui promettant de passer la voir quand on reviendra. Il y a des personnes sur Terre qui nous remplissent d'une douce sensation, celle d'être avec nos mamans.


Famille Rodriguez: Anelys, 40 ans, maman de Camila (14 ans) et Lia (4 ans), responsable avec son mari, Decter, d'une casa particular.

 

Car si Airbnb est récent chez nous à Cuba ça fait plus de 15 ans que le concept de logement chez des particuliers existe. Il y a 5 ans, les parents acquièrent une maison proche du village de Soroa, Decter la restaure tandis qu'Anelys est cheffe de production dans une porcherie. Il y a 5 mois, elle quitte son travail pour s'occuper à plein temps de la chambre qu'ils ont joliment rénovée pour la louer aux touristes. En effet, il s'agit probablement du travail le mieux rémunéré de Cuba puisqu'un médecin gagne en moyenne par mois 42$, un enseignant 30$, alors qu'une nuit en casa particular coûte entre 10 et 40$ la nuit selon la saison. Rapidement, ils nous font part de leur désir d'apparaître sur cette mystérieuse page internet "Airbnb" qu'ils ne connaissent pas du tout. En effet, jamais un membre de la famille n’a utilisé internet! Eh oui, car à Cuba internet est très cher (1,50 CHF par heure) uniquement disponible dans des parcs publics et pas très rapide. Pour nous rendre au village, on part à vélo avec Anelys et Lia, tranquillement installée sur le cadre. Nous avons essayé de convaincre la petite de venir sur le tandem, mais rien n'y a fait: "Notre vélo aussi est très confortable!!" On passe deux jours de plus dans la famille pour leur créer un profil et une annonce: "C'est fou comme le temps passe vite sur l'ordinateur" s'étonne-t-elle lorsqu'on a passé déjà 2 heures sans avoir terminé. En échange, Anelys nous cuisine des plats cubains végétariens comme le "fufu", de la banane verte bouille, écrasée et assaisonnée délicieusement. Cette famille nous a touchés de par leur générosité, leur simplicité et leur bonne humeur. Gracias. :) 

Et pour ceux qui passeront près de Soroa, voici leur profil sur Airbnb.


Lien vers la page Airbnb de Camila
Discussion avec la famille

Anecdotes rigolotes

À Cuba, être sexy est un droit, voire un devoir, à tout âge! Même les uniformes officiels sont des mini-jupes pour les femmes, qui les agrémentent de collants résille noir ou blancs! Idem pour les uniformes d'écolières! Les jeunes adorent danser comme dans les clips américains, pays pour lequel les gens vouent une sorte d'admiration malgré le blocus. C'est ainsi que tout naturellement, une maman filme avec son natel une bande de filles de 14 ans en train de twerker à côté de nous en maillot de bain, proposant même à Norick et Alexi de danser avec elles! Ils ont poliment décliné l'offre. :) 

Comme vous le savez peut-être, à Cuba on produit et on achète local, en tout cas en ce qui concerne les fruits et légumes. Qui dit local, dit de saison. Bienheureux que nous sommes, c'est la saison des mangues, des bananes et des ananas. Quotidiennement, nous avons consommé en moyenne: 4 mangues, 20 bananes et un ananas...par personne! Quand les fruits sont si délicieux et bon marché, il n'y a pas de raison de s'en priver!!! Sans oublier le kilo de riz quotidien et les oeufs qu'on achetait par trentaines! 

Nous avons retrouvé Norick, le fr`ère d'Alexi à Playa Larga pour 2 semaines en famille! Sportif et toujours prêt à relever les défis, ou plutôt les lancer Norick nous propose de parcourir l'itinéraire de 36km jusqu'à Playa Giron sans louer de vélo pour lui. Mais comment nous direz-vous? Tout simplement en alternant la course, le vélo et la natation! Un peu méfiants au début, nous finissons par accepter! C'est de bon matin que nous partons, chargés de tous les bagages, Norick en courant. Après 5km, Alexi échange sa place avec son frère. On se fait dévorer par les moustiques tout en zigzaguant entre des crabes batailleurs qui tentent de se jeter sous nos roues (voir anecdotes plus bas)! Après 18km, les deux garçons ont mal aux genoux...alors tout logiquement Norick décide de finir les 18km restant en nageant! Ben oui vous auriez pas fait la même chose vous? Nous, on continue en tandem jusqu'à Playa Giron. Puis Alexi repart chercher son frérot qui aura quand même nagé quelques kilomètres avant de sortir épuisé et finir le trajet en Pino! 


Anecdote glauque

Entre Playa Larga et Playa Giron, la route est noire de tâches, l'odeur est écoeurante. Des centaines, des milliers, des millions de crabes magnifiques vivent dans la forêt bordant la plage, si si la forêt pas la mer! Leur chair toxique pour l'homme et les animaux les a laissés sans prédateurs se développer depuis la nuit des temps. Toute l'année, ils se terrent et ne sortent que pour se reproduire et pondre durant deux lunes. Mais pas seulement, ils adorent aussi se dorer la pilule au milieu de la route goudronnée...Étant de nature très bagarreuse, ils n'ont absolument pas peur des voitures, dont ils attaquent les roues...perdant inlassablement la bataille en se faisant écraser dans un gros "CRAC" que nous avons pu entendre à plusieurs reprises…glauque!


Ce qu'on a aimé

  • Une grande majorité des personnes se déplacent à vélo, c'est bon pour la santé et pour la planète! Ils ont tellement l'habitude que leur habileté leur permet de transporter dans une main: des gâteaux géants, des centaines d'oeufs, des animaux, une télévision, etc. Sans oublier qu'un vélo permet d'emmener toute la famille! 
  • La gentillesse, l'hospitalité, la générosité des Cubains. Un peuple tout simplement adorable! 
  • Manger local et bio: un délice!
  • Il n'y a quasiment pas de publicités dans les rues (par contre, ça regorge de slogans socialistes)!
  • Les gens passent du temps ensemble et pas sur internet. Les enfants jouent dans les rues et n'ont pas de smartphone. 
  • Bon ok c'est classique mais: l'architecture coloniale et les vieilles voitures rétro ça fait son effet! Et en plus, il y a très peu de circulation sur les routes! 
  • Aller à la plage après une journée de vélo, ou durant les pauses ça donne une sacrée sensation de vacances!!
  • Le sentiment de sécurité et la possibilité d'aller partout à vélo sans se préoccuper des dangers. 


Notre itinéraire

Carte de notre itinéraire à vélo à Cuba

Photos


Pour plus de photos rendez-vous dans la galerie :)

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Commentaires : 4
  • #1

    Vins (lundi, 26 juin 2017 22:40)

    Super article les amis. Viva Cuba y viva la vida !

  • #2

    Mama La Macchia (vendredi, 30 juin 2017 07:03)

    Schöns Land und schöni Fotis,ich hoffä in mexico gaat genau su wieter.Ich findä dass Anektodä verzellä ä gueti Idee.... Dicki küss����

  • #3

    Natus (mardi, 11 juillet 2017 11:17)

    Waouuuuuu c'était super de lire votre article et de réaliser où vous étiez pendant tout ce temps =) Merci de partager ces beaux moments avec nous! Je vous souhaite une belle continuation au Mexique¨¨!!! ...avec un peu moins de crabes ecrasés ahah. Love you les amis!

  • #4

    uFurnarotu (dimanche, 16 juillet 2017 21:13)

    Super l'article sur Cuba, ça donne envie.....
    Bientôt un mois que vous êtes au Mexique et vous êtes encore au Yucatan.
    Sur qu'à ce rythme 6 mois ne suffirons pas pour tout le Mexique. Le pays est tellement grand, riche et varié et les mexicains.... VIVA MEXICO
    Besos